Alain Colas, le prof de lettres avalé par l’Atlantique

Le 16 novembre 1978, pendant la première Route du Rhum, Alain Colas et Manureva disparaissent au large des Açores sans laisser de trace. Retour sur l’incroyable parcours d’un ancien prof de lettres bourguignon devenu géant de la voile.

Par l’équipe Altaïr · 04/11/2026

Une baleinière blanche et rouge, le Santo Cristo II, file à la rame sur l’océan sous un ciel traversé de rayons de soleil — image du film « Açores — 9 îles à faire rêver » de Lyne Lefort et Simon C. Vaillancourt.
Médiathèque Altaïr Live — film Açores, 9 îles à faire rêver.

Quatre avions de patrouille maritime, 400 heures de vol, 2 millions de km² d’Atlantique survolés pendant une vingtaine de jours… et aucune trace. Le 16 novembre 1978, au large des Açores, le navigateur Alain Colas et son trimaran Manureva se sont volatilisés. Le 27 décembre, le ministère de la Défense annonce officiellement l’arrêt des recherches.

Un Bourguignon chez les marins

Le plus étonnant, c’est l’homme. Né à Clamecy en 1943, dans une famille de faïenciers, Colas n’avait au départ aucun lien avec la mer. On le surnommait le « Morvandiau flottant », tout un programme. Études de lettres et d’anglais, puis cap sur l’Australie : à 22 ans, le voilà maître de conférences en littérature française à Sydney. En 1967, il rencontre Éric Tabarly, qui lui offre un poste de choix : cuisinier de bord. Comme quoi, les grands destins commencent parfois par une casserole.

Ensuite, tout file. En 1970, il rachète à Tabarly l’ancien Pen Duick IV et le baptise Manureva, « oiseau du voyage » en tahitien. En 1972, il gagne la Transat anglaise en un temps record. Entre 1973 et 1974, il devient le premier à boucler le tour du monde en solitaire sur un multicoque, battant de 32 jours le record de Sir Francis Chichester. En 1975, un cordage d’ancre lui sectionne la cheville : 22 opérations. Depuis l’hôpital de Nantes, il supervise quand même la construction d’un quatre-mâts de 72 mètres, avec ordinateur, fax et positionnement par satellite. Pour l’époque, ça décoiffe.

Le tout premier Rhum

Le 5 novembre 1978, 38 concurrents quittent Saint-Malo pour la première Route du Rhum. Au cinquième jour, un avion de la Marine nationale le confirme : Colas est en tête. Mais sa balise de détresse est restée à quai, et certains concurrents n’apprendront sa disparition qu’à Pointe-à-Pitre. Là-bas, Mike Birch l’emporte avec 98 secondes d’avance sur Michel Malinovsky. En 1979, Gainsbourg écrit « Manureva » pour Alain Chamfort, et l’oiseau du voyage devient chanson.

Ces eaux mystérieuses qui bordent l’archipel, vous les verrez autrement en découvrant en ciné-conférence « Açores — 9 îles à faire rêver » de Lyne Lefort et Simon C. Vaillancourt.

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Rédigé avec assistance IA, relu et validé par Charlotte Euchin, Olivier Bourguet.