Bolivie, cultures et traditions : sur la route des flûtes

Avec « Bolivie — Cultures et Traditions », Bernard Bruel, musicien spécialiste des flûtes, traverse la Bolivie en suivant la musique des communautés indiennes, des rives du Titicaca aux villes coloniales et aux missions jésuites. En ciné-conférence Altaïr Live, le film est commenté en direct par son réalisateur, puis prolongé par un échange avec le public.

Par Jérôme Medeville · 05/10/2026

Lagune turquoise au pied d’un volcan, dans le Sud Lipez, en Bolivie — image du film « Bolivie — Cultures et Traditions » de Bernard Bruel.
Médiathèque Altaïr Live — film Bolivie, Cultures et Traditions.

« Bolivie — Cultures et Traditions » fait découvrir la Bolivie en suivant un fil inattendu : la musique jouée par les communautés indiennes, et en particulier les flûtes, de leur fabrication à leurs usages rituels. Le voyage mène des eaux glacées du lac Titicaca au désert de sel d'Uyuni, des villes minières de Potosi et Oruro aux missions jésuites, en passant par La Paz et la Bolivie amazonienne. En ciné-conférence Altaïr Live, le film est présenté et commenté en direct par Bernard Bruel, musicien et réalisateur, puis prolongé par un échange avec le public.

Un pays raconté par sa musique

Il existe mille façons d'entrer dans un pays. Bernard Bruel a choisi la plus sensible : l'oreille. Le résumé du film le dit simplement, la musique jouée par les communautés indiennes du pays en est « le fil directeur ». Ce choix n'a rien d'un artifice de mise en scène. Il donne au documentaire une cohérence rare, où chaque étape géographique devient aussi une étape sonore.

Le film part à la rencontre de ceux qui fabriquent les centaines de flûtes utilisées en Bolivie. Derrière cet instrument que l'on croit connaître se cache une diversité considérable, et avec elle une manière de comprendre un territoire « tout en contrastes ». Car ces flûtes ne servent pas seulement à faire danser : on y rencontre ceux qui en jouent pour appeler la pluie sur les semailles, ou le vent pour sécher et vanner les récoltes. La musique, ici, accompagne le cycle agricole ; elle dialogue avec le ciel et la terre.

Aymara, Quechua et la Pachamama

Cette relation au monde naturel conduit au cœur des cultures boliviennes. Les nombreuses fêtes religieuses et syncrétiques filmées par Bernard Bruel permettent de découvrir les ethnies Aymara et Quechua, en forte majorité dans le pays. Le film souligne leur attachement au respect absolu de la « Pachamama », leur terre-mère. Le mot de syncrétisme prend alors tout son sens : dans ces célébrations se mêlent des héritages multiples, que le spectateur apprend à lire à travers les gestes, les costumes et, toujours, les sons.

Des paysages d'altitude à couper le souffle

Si la musique guide le récit, les paysages lui donnent son ampleur. Ce « voyage au pays des Incas », selon les mots du résumé, fait admirer les panoramas majestueux des eaux glacées du Titicaca, présenté comme le lac navigable le plus haut du monde. L'un des chapitres du film est consacré au lac et à ses îles.

Plus au sud, la nature change de visage. Le grand désert de sel d'Uyuni, puis les immenses étendues de sable et de roche du sud Lipez, montrent une nature « plus hostile mais fascinante ». Ces étendues minérales offrent un contrepoint saisissant aux fêtes colorées des villages : après la foule et les flûtes, le silence et la lumière.

Le film ne s'arrête pas aux hauts plateaux. Parmi les chapitres annoncés figure aussi « La Bolivie amazonienne », rappel que ce pays associé aux Andes possède également une part de forêt et de plaines, et que sa diversité ne se résume pas à l'altitude.

Villes, mines et mémoire coloniale

La Bolivie de Bernard Bruel est aussi une terre d'histoire. Les villes minières de Potosi et Oruro, la ville blanche de Sucre, les métropoles de La Paz et Santa Cruz font remonter le spectateur au temps de la conquête espagnole. Un chapitre est dédié aux mineurs de Potosi, un autre à La Paz : deux manières d'approcher le pays d'aujourd'hui sans jamais le couper de son passé.

Les nombreux vestiges historiques et religieux rappellent la présence et la forte influence de l'Église sur ces contrées. Les missions jésuites, qui ouvrent la liste des chapitres du film, en sont l'exemple le plus marquant. On y mesure combien les histoires se superposent en Bolivie, et combien les traditions indiennes et l'héritage colonial ont façonné ensemble un pays singulier.

Les grandes étapes du film

• Les missions jésuites

• Le salar d'Uyuni

• Flûtes des Andes

• Le lac Titicaca et ses îles

• La Paz

• Les mineurs de Potosi

• La Bolivie amazonienne

Bernard Bruel, un musicien derrière la caméra

Pour comprendre la justesse de ce film, il faut connaître son auteur. À l'âge de 15 ans, Bernard Bruel est tombé, selon sa propre image, dans « la marmite de la flûte indienne ». Il a alors été subjugué, ensorcelé par cette vague de musiques venues d'Amérique du Sud.

Son attachement au continent remonte plus loin encore. Bercé par les images de « Tintin et le temple du soleil », conquis par les exploits de Don Diego de la Vega et sous le charme de Zorro, il a toujours été amoureux de l'Amérique du Sud et de ses différentes cultures, en particulier de la Bolivie, où il a effectué de très nombreux voyages.

Musicien et spécialiste des flûtes, il continue de jouer et de tourner avec son groupe « Opakuna, musiques des Andes », et diffuse les cultures de l'Amérique du Sud à travers son association « Internotes ». Passionné de photographie, puis de cinéma, il a réalisé plusieurs films. « Bolivie, cultures et traditions » est le dernier en date ; il emmène le spectateur, comme il le résume lui-même, « à la découverte des différentes facettes de ce pays, en suivant la route de la musique ».

Cette double compétence fait la force du documentaire. Lorsqu'il filme un fabricant de flûtes ou un musicien de village, Bernard Bruel ne regarde pas de l'extérieur : il partage avec eux une pratique, un savoir, une écoute. Cette proximité se ressent dans la manière dont les communautés sont approchées.

Ce que l'on vit lors de la ciné-conférence

Voir ce film en ciné-conférence Altaïr Live, c'est vivre une expérience différente d'une simple projection. Le format est pensé comme un moment de cinéma vivant : un film de 70 à 90 minutes, présenté et commenté en direct par son réalisateur, puis prolongé par un échange avec le public. L'ensemble dure environ deux heures.

Pendant la projection, la voix de Bernard Bruel accompagne les images. Ce n'est pas une narration enregistrée, mais une parole présente dans la salle, celle de quelqu'un qui a parcouru ces routes à de nombreuses reprises et qui connaît intimement la musique qu'il filme. Le commentaire en direct crée une relation particulière entre l'écran et les spectateurs : on n'assiste pas seulement à un voyage, on l'écoute raconter par celui qui l'a fait.

Vient ensuite l'échange avec le public. C'est l'occasion d'interroger le réalisateur sur ce que les images suggèrent : la fabrication des flûtes, le sens des rites liés aux semailles et aux récoltes, la place de la Pachamama dans la vie des Aymara et des Quechua, ou encore les traces de l'histoire coloniale dans les villes et les missions. Pour qui aime la musique, l'Amérique du Sud ou simplement la rencontre, ce dialogue prolonge le film de la plus belle manière.

Les séances ont lieu dans des salles de cinéma et des lieux culturels partout en France. Elles réunissent un public curieux autour d'un même écran et d'une même parole, dans l'esprit d'un cinéma de partage.

Retrouver le film en salle

« Bolivie — Cultures et Traditions » invite à voyager autrement : en tendant l'oreille autant qu'en ouvrant les yeux. Des flûtes qui appellent la pluie aux eaux glacées du Titicaca, des mineurs de Potosi aux missions jésuites, Bernard Bruel offre un portrait du pays guidé par sa musique et par une passion de toute une vie. Pour le découvrir en sa présence et prolonger le voyage par un échange avec lui, retrouvez le film en ciné-conférence Altaïr Live : les dates et les villes sont à consulter sur l'agenda du site.

Découvrir le film et les séances →

Rédigé avec assistance IA, relu et validé par Charlotte Euchin, Nicolas Pellissier.