
Dans le sud-ouest du Maroc, des biologistes ont vu des groupes de 10 à 20 chèvres grimper régulièrement dans des arganiers de 8 à 10 mètres de haut. Oui, des chèvres. Dans des arbres. Et le meilleur reste à venir : là-haut, elles jardinent sans le savoir.
Des chèvres qui crachent (pour la bonne cause)
En automne, quand la végétation se fait rare, elles passent les trois quarts de leur temps de pâture dans les branches. Les bergers leur facilitent parfois la tâche : ils taillent ces arbres touffus et épineux, et aident même les chevreaux à apprendre à grimper. Une école d’escalade, version piquante.
On croyait que les noyaux d’argan ressortaient dans les crottes. Sauf que les graines mesurent jusqu’à 22 mm de large : traverser tout le tube digestif semblait peu probable. En 2017, Miguel Delibes, Irene Castañeda et José M. Fedriani, de la station biologique de Doñana, à Séville, ont tranché : en ruminant, les chèvres recrachent les noix et déposent des graines propres plus loin. Plus de 71 % restaient capables de germer. Semis livrés à domicile, en somme.
Méfiance quand même devant les photos trop parfaites ramenées par les touristes. En 2019, une enquête du photographe Aaron Gekoski, publiée par le Telegraph, a montré que des chèvres fatiguées étaient descendues et remplacées par d’autres, au long de la journée. Un business lucratif, mais une tromperie évidente. Il a aussi rapporté que des plateformes auraient été construites dans les arbres.
Un arbre unique au monde
L’arganier (Argania spinosa) est endémique des zones boisées de la Réserve de biosphère de l’Arganeraie. Il peut vivre 200 ans et encaisse jusqu’à 50 °C. Le 8 décembre 1998, l’UNESCO a fait de l’arganeraie, environ 2,5 millions d’hectares, la première réserve de biosphère du Maroc ; en 2014, les savoir-faire liés à l’arbre ont rejoint le patrimoine culturel immatériel de l’humanité. Traditionnellement, ce sont les femmes amazighes qui retirent la pulpe, concassent les noix, torréfient, moulent et malaxent la pâte pour en tirer l’huile : il faut environ 30 kg de fruits pour un litre, davantage selon certaines coopératives. Et depuis 2021, le 10 mai est la Journée internationale de l’arganier.
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Rédigé avec assistance IA, relu et validé par Olivier Bourguet, Nicolas Pellissier.
