Il brûla sa récolte de riz pour sauver son village

En 1854, au Japon, Hamaguchi Goryō a mis le feu à sa récolte de riz pour guider les villageois vers les hauteurs pendant un tsunami. Son geste a inspiré la date du 5 novembre, Journée mondiale de sensibilisation aux tsunamis.

Par l’équipe Altaïr · 02/11/2026

Pagode vermillon et pont rouge en arc au bord d'un étang, entourés d'érables aux feuillages d'automne orange et rouges qui se reflètent dans l'eau — image du film « Japon — au Pays des Extrêmes » de Maximilien Dauber.
Médiathèque Altaïr Live — film Japon, au Pays des Extrêmes.

Imaginez sacrifier toute votre récolte pour sauver vos voisins. C'est ce qu'a fait Hamaguchi Goryō un soir de 1854, au Japon : il a mis le feu aux gerbes de riz qu'il venait de récolter, empilées dans sa rizière, pour guider les villageois dans le noir vers les hauteurs. « Même si c'est un peu du gaspillage », se serait-il dit, selon le musée qui lui est consacré. Le sens de la litote, version héroïque.

Un phare de paille

Hamaguchi a su lire deux signes : la mer qui se retire et l'eau des puits qui baisse vite. Deux indices naturels d'un tsunami, rappelle le centre d'information sur les tsunamis de l'UNESCO. D'après le site officiel de la ville, le feu fut allumé après la première vague, pour guider ceux qui erraient dans l'obscurité. Les gerbes enflammées menaient au sanctuaire Hiro Hachiman, perché sur une hauteur. Bilan : plus de 90 % des villageois échappent au tsunami.

En 1897, l'écrivain Lafcadio Hearn en tire sa propre version : le feu y sert d'appât, les villageois accourent pour l'éteindre… et échappent ainsi à la vague. Le geste est depuis devenu une lecture obligatoire des manuels scolaires japonais.

Soja, digue et calendrier

Détail savoureux : sous l'ère Meiji, notre héros devient le septième propriétaire de Yamasa, célèbre fabricant de sauce soja. Mais il voit aussi plus loin que l'urgence : pour que les sinistrés restent au village, il fait construire à ses frais une digue. Environ 5 mètres de haut, 640 mètres encore debout. Elle a protégé la ville en 1913, puis des tsunamis de 1944 et 1946. Son entretien ? Prévu grâce à la laque et à la cire des arbres plantés derrière. Malin.

Et le 5 novembre ? C'est la date du tsunami dans le calendrier japonais de l'époque ; chez nous, ce serait le 24 décembre, selon une étude de la Humboldt State University. En décembre 2015, l'ONU en a fait la Journée mondiale de sensibilisation aux tsunamis, plutôt qu'une date de deuil : une journée « tournée vers l'avenir », explique Yuki Matsuoka.

Pour prolonger le voyage dans ce pays où la nature ne fait rien à moitié, venez découvrir en ciné-conférence « Japon — au Pays des Extrêmes » de Maximilien Dauber, présenté par Philippe Soreil.

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Rédigé avec assistance IA, relu et validé par Nicolas Pellissier, Charlotte Euchin.